Sur les hérésies de l’abbé Pierre Roy, de Mgr Williamson, de la Résistance et des sédévacantistes

 

Récemment, nous avons entendu parler de réconciliation possible entre la Fraternité saint Pie X et Rome. La Résistance, dirigée par Mgr Williamson, a sévèrement critiqué cette réconciliation, prétendant qu’il fallait que Rome se «convertisse» pour que la Fraternité saint Pie X soit reconnue par Rome. Cette critique a également pénétré dans la Fraternité elle-même avec plusieurs prêtres qui affirment qu’il ne faut pas revenir avec Rome et que c’est une erreur grave, comme l’abbé Pierre Roy qui affirme qu’il ne faut pas être reconnu par Rome, même s’il n’y a aucun compromis.

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Ceci nous a amené à réfléchir sur la notion d’Église, à partir de la tradition certaine de l’Église.

 

ESSENCE : Premièrement, qu’est-ce que l’Église ? L’Église est le corps mystique de Jésus-Christ. Comme le dit Pie XII dans l’encyclique Mystici Corporis : «Pour une définition de l’essence de cette véritable Église du Christ qu’est la sainte, catholique et apostolique Église romaine, on ne peut rien trouver de plus noble ni de meilleur, rien de plus divin que l’expression qui la désigne comme le corps mystique du Christ.»

 

FONDATEUR : Cette Église, elle a été fondée par Jésus-Christ lui-même. Comme il a été déclaré à Vatican I : «L’éternel Pasteur et Évêque de nos âmes, pour rendre DURABLE l’œuvre de salut de la Rédemption, a résolu de construire la sainte Église dans laquelle, comme dans la maison du Dieu vivant, tous les fidèles seraient réunis par le lien d’une seule foi et d’une seule charité.»

 

BUT : Pourquoi cette Église a-t-elle été fondée ? En fait, le Christ a fondé l’Église pour continuer son œuvre rédemptrice dans tous les temps. Comme le dit le premier Concile du Vatican : «Le Christ résolut de fonder la sainte Église, pour rendre l’œuvre salutaire de la Rédemption perpétuellement durable.» Léon XIII le dit également dans son encyclique Satis cognitum : «Quel but a eu le Christ en fondant l’Église ? Qu’a-t-il voulu ? Ceci : transmettre à l’Église pour les continuer, la même charge et la même mission qu’il avait reçues de son Père.»

 

Cela a ceci comme conséquence, comme le dit Léon XIII dans son encyclique Immortale Dei : « Bien que cette société (l’Église) se compose d’homme, comme la société civile, elle est cependant, à cause du but qui lui est assigné et des moyens par lesquels elle cherche à atteindre son but, une société surnaturelle et spirituelle; et c’est pourquoi elle se distingue essentiellement de la société civile.» C’est également une société parfaite, comme le dit Léon XIII dans la même encyclique : «L’Église est une société parfaite, dans sa nature et dans ses droits, car elle possède, par la volonté et la bienveillance de son Fondateur, tout ce qui est nécessaire à son existence et à son activité. De même que le but vers lequel tend l’Église est le plus élevé, de même que son pouvoir est un pouvoir souverain et ne peut pas être tenu pour inférieur au pouvoir civil, ni lui être soumis d’aucune manière.»

 

CONSTITUTION : Étant une société parfaite, voyons maintenant cette constitution de l’Église. Premièrement, et ce point est très important, le Christ a donné à son Église une constitution hiérarchique. Les pouvoirs hiérarchiques de l’Église comprennent : le pouvoir doctrinal, le pouvoir pastoral (=le pouvoir législatif, judiciaire et coercitif) et le pouvoir sacerdotal. Ils répondent au triple ministère que le Christ a possédé, comme homme, pour sauver les hommes : le ministère prophétique ou doctrinal, le ministère pastoral ou royal et le ministère sacerdotal. Le christ a transmis ce ministère aux apôtres, avec les pouvoirs correspondants.

 

Ces pouvoirs hiérarchiques conférés aux apôtres sont passés aux évêques. En effet, voici ce que dit le concile de Trente : «les évêques qui ont pris la place des apôtres appartiennent à l’ordre hiérarchique et ont été institués par le Saint-Esprit, pour gouverner l’Église de Dieu.» Le concile du Vatican a aussi déclaré : «De même que le Christ a envoyé dans le monde les apôtres qu’il avait choisis tout comme il a été lui-même envoyé par son Père, de même il a voulu qu’il y eût dans son Église des pasteurs et des docteurs jusqu’à la fin du monde.»

 

Dans cette hiérarchie, tout le monde n’est pas égal. C’est un autre dogme que celui-ci : « Le Christ a institué saint Pierre prince de tous les apôtres et chef visible de toute l’Église, en lui conférant directement et personnellement la primauté de juridiction.»

 

Or, cette primauté de Pierre n’est pas temporaire. C’est une primauté perpétuelle. Voici en effet ce que dit le concile Vatican I à ce sujet :

La perpétuité de la primauté de saint Pierre

3056
Ce que le Christ notre Seigneur, chef des pasteurs et pasteur suprême des brebis, a institué dans le saint apôtre pour le salut éternel et le bien de l’Église doit nécessairement, grâce au même promoteur, se poursuivre sans interruption dans l’Église, laquelle, fondée sur la pierre, subsistera ferme jusqu’à la fin des siècles. « Personne ne doute et tous les siècles savent que le saint et heureux Pierre, chef et tête des apôtres, a reçu les clés du Royaume de notre Seigneur Jésus Christ, sauveur et rédempteur du genre humain: jusqu’à maintenant et toujours, c’est lui qui, dans la personne de ses successeurs, les évêques du Saint-Siège de Rome fondé par lui et consacré par son sang, vit, préside et exerce le pouvoir de juger.

3057
Dès lors, quiconque succède à Pierre en cette chaire, reçoit, de par l’institution du Christ lui-même, la primauté de Pierre sur toute l’Église. « Ainsi demeure ce qu’ordonna la vérité, et saint Pierre, gardant toujours cette solidité de pierre qu’il a reçue, n’a pas abandonné le gouvernail de l’Église. » Voilà pourquoi « c’est vers l’Église romaine, à cause de sa priorité prépondérante, qu’il a toujours été nécessaire que chaque Église, c’est-à-dire les fidèles venus de partout, se tourne » afin qu’ils ne fassent qu’un en ce siège d’où découlent sur tous « les droits de la vénérable communion », comme des membres unis à la tête dans l’assemblage d’un corps.

3058
(Canon) Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas par l’institution du Christ ou de droit divin que saint Pierre a, et pour toujours, des successeurs dans sa primauté sur l’Eglise universelle, ou que le pontife romain n’est pas successeur de saint Pierre en cette primauté : qu’il soit anathème.

 

Qui sera ce successeur de saint Pierre? Encore une fois, le Concile Vatican I est clair : «Les successeurs de saint Pierre dans la primauté sont les évêques de Rome.»

 

Or, ce pape a d’énormes pouvoirs. Comme il a été défini : «Le pape possède le pouvoir de juridiction total et suprême sur toute l’Église, non pas seulement dans les choses de la foi et de la morale, mais aussi dans la discipline et le gouvernement de l’Église.»

 

Est-ce que ce pouvoir du pape peut avoir failli et est-il possible que cette Église n’existe plus ? La réponse est non. En effet, il y a une propriété essentielle de l’Église et c’est son indéfectibilité.

L’indéfectibilité de l’Église signifie aussi bien sa perpétuité, c’est-à-dire sa durée jusqu’à la fin du monde, que l’immutabilité essentielle de sa doctrine, de sa constitution et de son culte. Toutefois, elle n’exclut pas la disparition d’Église particulière, ni des modifications accidentelles. L’Église est indéfectible, c’est-à-dire subsistera jusqu`à la fin du monde, comme l’institution salvatrice fondée par le Christ.

 

Le Concile du Vatican attribue à l’Église  et dit, à ce propos, qu’elle «est bâtie sur un rocher et subsistera jusqu’à la fin des temps.» Léon XIII remarque, dans l’encyclique Satis cognitum : «L’Église est une durée unique et perpétuelle.»

Le Christ a bâti son Église sur un roc, pour lui permettre de tenir bon dans toutes les tempêtes et il lui a fait cette promesse : «Les portes de l’enfer ne pourront rien contre elle.» La perpétuité et l’indestructibilité de l’Église se trouvent clairement exprimées dans ce texte, qu’on entende par «portes de l’enfer» la puissance de la mort ou bien la puissance du mal. Pour le temps qui suivrait son retour auprès du Père, Jésus a promis à ses apôtres un autre Paraclet qui resterait éternellement avec eux, l’Esprit de vérité. En envoyant ses apôtres, il leur donne cette assurance : «Voici que je serai avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde.» Les paraboles de l’ivraie et du filet rempli de poissons montrent que le royaume de Dieu subs      istera sur la terre jusqu’à la fin du monde. Saint Paul atteste que l’Eucharistie est célébrée en mémoire de la mort du Seigneur, «jusqu’à ce qu’il revienne.»

 

Saint Ignace d’Antioche voit dans l’onction du Seigneur le symbole de l’indéfectibilité de l’Église. Saint Irénée assure que la prédicable de l’Église, contrairement aux hérésies gnostiques, «est immuable et toujours la même», grâce à l’action du Saint-Esprit. Saint Augustin affirme : «L’Église chancellerait, si sa base devait chanceler. Mais comment le Christ chancellerait-il ?… Tant que le Christ ne chancelle pas, l’Église non plus ne chancellera jamais.»

 

La raison interne de l’indéfectibilité de l’Église du Christ réside dans ses relations intimes avec le Christ, base première de l ‘Église et avec le Saint-Esprit qui habite en elle, comme principe vital et essentiel. Saint Thomas enseigne, contre Joachim de Flore, qu’Il n’y a pas à attendre un état plus parfait, où la grâce du Saint-Esprit serait plus abondamment donnée qu’elle n’a été donnée jusqu’ici. Dans le passé, l’Église, édifiée sur le Christ et les apôtres, a prouvé son indéfectibilité en survivant aux persécutions et aux tentatives des démons.

 

Finalement, un dernier point important pour notre étude est la visibilité de l’Église. La visibilité est cette propriété de l’Église qui lui permet de se manifester extérieurement, de façon sensible. On distingue une visibilité matérielle et une visibilité formelle. La première consiste dans la présence sensible de ses membres, la seconde dans certaines particularités, grâce auxquelles les membres de l’Église sont réunis extérieurement, visiblement, en une communauté religieuse.

 

D’après le Concile de Trente, il y a dans l’Église un sacrifice visible et un sacerdoce visible et extérieur. D’après le Concile du Vatican, le Christ a institué saint Pierre fondement visible de l’unité de l’Église. Léon XIII enseigne, dans l’encyclique Satis cognitum : Si l’on envisage la fin dernière de l’Église et les causes premières produisant la sainteté, elle est en fait spirituelle. Mais si on considère ses membres ainsi que les moyens qui conduisent aux dons spirituels, elle apparaît extérieurement et nécessairement visible.» Il existe un triple lien sensible qui unit entre eux les membres de l’Église : la profession d’une même foi, l’usage des mêmes moyens de grâces et la soumission à la même autorité.

 

Pie XII a confirmé, dans l’encyclique Mystici Corporis, l’enseignement de Léon XIII et a repoussé expressément l’opinion que l’Église «n’est qu’une sorte de pneumatisme par lequel de nombreuses communautés chrétiennes, tout en étant séparées l’une de l’autre dans la foi, sont cependant unies entre elles par un lien invisible.»

 

RÉSUMÉ

Ces propriétés de l’Église ayant été énoncées, que peut-on retenir de tout cela? L’Église existera jusqu’à la fin des temps et ne peut pas défaillir totalement. Elle peut s’en trouver affaibli, mais elle ne pourra pas être détruite. En effet, cela serait illogique par rapport à l’œuvre que Dieu s’est fixée. Dieu a voulu rendre VISIBLE son Église, qui continue son œuvre de salut, jusqu’à la fin des temps. C’est pour cela que ce canon a été énoncé : Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas par l’institution du Christ ou de droit divin que saint Pierre a, et pour toujours, des successeurs dans sa primauté sur l’Église universelle, ou que le pontife romain n’est pas successeur de saint Pierre en cette primauté : qu’il soit anathème.

 

Ceci est une condamnation claire des sédévacantistes qui affirment que le siège de Pierre est vacant. La foi catholique est simple et elle s’exprime de manière claire par ses dogmes qui ne changent pas de sens avec le temps. Il peut être difficile de comprendre ce qui se passe avec l’Église dans les temps actuels, mais il est important de ne pas oublier les faits de base de la foi catholique et ses dogmes. L’Armée de Marie a dérivé ainsi en inventant des nouvelles doctrines. C’est la même chose pour les Apôtres de l’Amour infini qui ont maintenant des femmes prêtres, ce qui est totalement contraire à la doctrine de l’Église. Ainsi, dire qu’il n’y a plus de Pape est une hérésie claire. Le sédévacantisme est donc une hérésie. Cela peut paraître inflexible à dire, mais il ne faut pas se fier aux sentiments, mais uniquement à la vérité et aux faits.

 

Parlons maintenant du cas de Mgr Williamson et de la résistance. Ils accusent la Fraternité saint Pie X de trahison, car elle veut accepter la réconciliation que lui propose Rome. Cette Résistance refuse de s’organiser et de former une hiérarchie. Dans un de ses derniers Kyrie Eleison, Mgr Williamson termine en disant ceci : «All that will be left to say, once the Society is “normalised,” is: RIP SSPX, and God have mercy on us!»

 

Mgr Williamson dit toujours que dans la modernité, on se laisse guider par les sentiments plutôt que par la doctrine et les faits. Il a bien raison, mais le seul problème est qu’il est le premier à le faire. Comme nous l’avons dit, ce sont des dogmes de foi que l’Église se continuera de manière perpétuelle, qu’elle est indéfectible, donc qu’elle durera à jamais, que l’Église est une hiérarchie, dirigée par le Pape et qu’elle est visible. Cette Église a traversé et traversera de multiples épreuves. Ces autorités de l’Église ne sont pas infaillibles en tout. Ainsi, il peut être approprié parfois de leur résister. C’est ce qu’affirme par exemple saint Thomas d’Aquin dans sa Somme Théologique :

Somme théologique IIa IIae question 104 article 5

ARTICLE 5 ─ Les inférieurs doivent-ils obéir en tout à leurs supérieurs ?

Objections :

  1. Il semble que oui. Car S. Paul dit (Col 3, 20) : « Enfants, obéissez en tout à vos parents. » Et il ajoute (v. 22) : « Esclaves, obéissez en tout à vos maîtres d’ici-bas. » Donc, au même titre, les autres sujets doivent obéir en tout à leurs supérieurs.
  2. Les supérieurs sont des intermédiaires entre Dieu et leurs sujets, selon cette parole (Dt 5, 5) : « Moi, je me tenais entre le Seigneur et vous en ce temps-là pour vous faire connaître sa parole. » Mais on ne va d’un extrême à l’autre qu’en passant par le milieu. Donc les préceptes du supérieur doivent être considérés comme les préceptes de Dieu. Ce qui fait dire à l’Apôtre (Ga 4, 14) : « Vous m’avez accueilli comme un ange de Dieu, comme le Christ Jésus », et aussi (1 Th 2, 13) : « Une fois reçue la parole de Dieu que nous vous faisions entendre, vous l’avez accueillie non comme une parole d’hommes, mais comme ce qu’elle est réellement, la parole de Dieu. » Donc, de même qu’à Dieu on doit obéir en tout, de même aux supérieurs.
  3. Les religieux font voeux de chasteté et de pauvreté par leur profession; de même font-ils le voeu d’obéissance. Mais le religieux est tenu d’observer en tout la chasteté et la pauvreté. De même est-il tenu d’obéir en tout.

Cependant, il est dit au livre des Actes (6, 29) : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » Mais parfois les ordres des supérieurs sont contraires à ceux de Dieu. Donc il ne faut pas leur obéir en tout.

Conclusion :

Comme nous l’avons dit, celui qui obéit est mis en mouvement sur l’ordre de celui qui commande, par une certaine nécessité de justice, comme un être naturel est mis en mouvement par l’être qui l’actionne, par une nécessité de nature. Que ce mouvement ne se produise pas, cela peut tenir à deux causes. D’abord à cause d’un empêchement qui provient de la puissance supérieure d’un autre moteur; c’est ainsi que du bois ne brûle pas si trop d’humidité l’empêche de s’enflammer. Ou bien par un manque de relation entre le mobile et le moteur, parce que le mobile est bien soumis à l’action du moteur sur un point, mais non sur tout. Par exemple l’humidité est parfois soumise à l’action de la chaleur de façon à être réchauffée, sans pouvoir être desséchée ou absorbée.

De même il peut arriver pour deux motifs que le sujet ne soit pas tenu à obéir en tout à son supérieur. 1° A cause de l’ordre d’un supérieur plus puissant. Sur le texte (Rm 13, 2) : « Ceux qui résistent attirent sur eux-mêmes la condamnation », la Glose commente : « Si le commissaire donne un ordre, devras-tu l’exécuter si le proconsul ordonne le contraire ? Et si le proconsul donne un ordre, et l’empereur un autre, n’est-il pas évident qu’en méprisant le premier, tu dois obéir au second ? Donc si l’empereur donne un ordre, et Dieu un autre, tu devras mépriser celui-là et obéir à Dieu. »

2° L’inférieur n’est pas tenu d’obéir à son supérieur si celui-ci donne un ordre auquel il n’a pas à se soumettre. Car Sénèque écrit : « On se trompe si l’on croit que la servitude s’impose à l’homme tout entier. La meilleure partie de lui-même y échappe. C’est le corps qui est soumis et engagé envers les maîtres; l’âme est indépendante. » C’est pourquoi, en ce qui concerne le mouvement intérieur de la volonté on n’est pas tenu d’obéir aux hommes, mais à Dieu seul.

On est tenu d’obéir aux hommes dans les actes extérieurs du corps. Cependant, même là, selon ce qui relève de la nature du corps, on n’est pas tenu d’obéir aux hommes, mais seulement à Dieu, parce que tous les hommes sont naturellement égaux, par exemple en ce qui concerne la nourriture et la génération. Donc les serviteurs ne sont pas obligés d’obéir à leurs maîtresni les enfants à leurs parents, pour contracter mariage ou pour garder la virginité, etc.

Mais en ce qui concerne l’organisation de son activité et des affaires humaines, le sujet est tenu d’obéir à son supérieur en tenant compte de la supériorité qui lui est propre; ainsi le soldat au chef de l’armée en ce qui concerne la guerre; le serviteur à son maître en ce qui concerne le service à exécuter; le fils à son père en ce qui concerne la conduite de sa vie et l’organisation domestique, et ainsi du reste.

Solutions :

  1. Quand l’Apôtre dit « en tout », il faut l’entendre de ce qui concerne le droit du père ou du maître.
  2. L’homme est soumis à Dieu de façon absolue, pour tout : intérieurement et extérieurement. Or les sujets ne sont pas soumis à leurs supérieurs en toutes choses mais seulement dans un domaine déterminé. Et même pour celui-ci, ils sont des intermédiaires entre Dieu et leurs sujets. Quant au reste ils sont immédiatement soumis à Dieu, qui les instruit par la loi naturelle ou la loi écrite.
  3. Les religieux font profession d’obéissance quant à la vie régulière selon laquelle ils sont soumis à leurs supérieurs. C’est pourquoi ils ne sont tenus d’obéir que pour ce qui peut concerner la vie régulière. Telle est l’obéissance qui suffit au salut. S’ils veulent obéir en autre chose, cela relève d’un surcroît de perfection, pourvu que rien de cela ne soit contraire à Dieu, car une telle obéissance serait illicite.

On peut donc distinguer trois espèces d’obéissance : l’une, suffisante au salut, obéit en tout ce qui est d’obligation; la seconde, parfaite, obéit en tout ce qui est permis; la troisième, excessive, obéit même en ce qui est défendu.

 

Cet article de la Somme théologique justifie donc la désobéissance de la Fraternité saint Pie X sur certains points. Cependant, dans cette désobéissance, les supérieurs restent des supérieurs. Sinon, on retombe dans l’hérésie du sédévacantisme, dont nous avons montré qu’elle était condamnée par la doctrine de l’Église et de son indéfectibilité. Ainsi, si les supérieurs ne nous demandent rien de mal ou de contraire à la foi, nous sommes tenus de leur obéir. Dans le cas des relations avec Rome, on parle de reconnaissance unilatérale de la Fraternité saint Pie X par le Pape, qui reste la tête visible de l’Église. Si cette relation est vraiment unilatérale, qu’est-ce qui pourrait empêcher d’accepter cette reconnaissance ? Aucune raison, à part être un hérétique. Il est possible de vouloir refuser cette reconnaissance, car on pense que Rome tend un piège à la Fraternité saint Pie X ou que les prêtres et les fidèles devront maintenant fréquenter des modernistes ou que la Fraternité saint Pie X devra faire des compromis.

 

Premièrement, si on parle de reconnaissance unilatérale, cela ne peut pas impliquer que la Fraternité saint Pie X doive faire des compromis.

 

Deuxièmement, il est possible que Rome tende effectivement un piège à la Fraternité saint Pie X. Cependant, concrètement, qu’est-ce que cela peut faire ? S’il y a reconnaissance unilatérale, cela n’implique rien des autorités romaines et on peut s’attendre à ce que les supérieurs de la FSSPX fassent bien les choses et posent de garanties. De toute manière, s’il y avait piège, rien n’empêcherait les supérieurs de la Fraternité saint Pie X de revenir en arrière.

 

Troisièmement, la peur de fréquenter des modernistes est totalement contraire au christianisme et à son esprit missionnaire. Il y a nécessité de sauver les âmes. Saint Dominique pleurait sur les pêcheurs et se demandait ce qu’il adviendrait de ceux-ci. Or, aujourd’hui, au contraire, il ne faudrait plus fréquenter les pêcheurs, pour sauvegarder la foi. Malheureusement, c’est déjà avoir perdu la foi de penser ainsi, car la foi a une tendance naturelle à sa répandre et c’est une nécessité d’avoir un esprit missionnaire et de vouloir sauver les âmes. C’est un manquement grave à la charité d’avoir un grand bien et de ne pas vouloir le partager. Or, c’est ce qui se produit avec les gens qui disent avoir la foi, mais qui ne veulent pas discuter avec personne d’autres qui n’ont pas la foi, car ils ont peur de la perdre. Quelle grande foi ces gens possèdent, oubliant ainsi l’assistance du Saint Esprit!

 

Mgr Williamson et la Résistance désobéissent en ne se basant pas sur des faits, mais sur la peur future de ce qui pourrait arriver à la Fraternité saint Pie X. Il est vrai qu’il ne convient pas d’agir sans réfléchir, mais rien n’indique que les supérieurs de la FSSPX font ceci! On ne peut pas désobéir en pensant que quelqu’un a des idées libérales et modernistes, mais qu’il ne n’oblige à rien de mauvais ou qui est contre Dieu. C’est cela l’idéalisme qui est une erreur philosophique moderne grave.

 

Si on réfléchit à la nature de l’Église, on voit que les dogmes proclament que celle-ci est indéfectible et perpétuelle et que c’est l’Église romaine. Si le Pape propose une réconciliation, on est un hérétique si on la refuse sans raison valable et c’est le cas si le Pape ne demande rien de mauvais. Certains sont donc tombés dans l’hérésie du sédévacantisme ou dans une autre hérésie et il convient donc de prier pour eux et de continuer à faire son devoir d’état, d’accomplir les commandements et de faire preuve de charité, car c’est ce que Dieu nous demande finalement!

 

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